"La territorialité de la laïcité", actes de colloque sous la direction de H. Mouannès
15 novembre 2018
Actes du colloque du 28 mars 2018, Université Toulouse 1 Capitole

La question sur la notion de la laïcité occupe aujourd’hui la place publique.
Malgré sa définition juridique assez limpide, la laïcité, principe d’organisation de l’État et fondement de
la liberté de pensée et d’opinion, « même religieuse » (art. 10 DDHC-1789), dans son appréhension – et
donc son application – devient abstruse et de plus en plus brûlante. Considérée comme « une alliée de la
religion » par S.S. le Pape Benoît XVI, la laïcité est, pour certains, lue et comprise comme étant, en soi,
une « religion », voire un « dogme » de neutralisation absolue de l’espace public de toute extériorisation
religieuse, même non attentatoire à l’ordre public établi par la loi. Pour d’autres, la laïcité est un objet
social, politique et/ou juridique permettant de répondre à des desseins intéressés et empiriques : favoriser
le communautarisme pour un escient électoraliste ; interdire (ou tolérer) certains signes religieux
ostentatoires en fonction de la religion visée et/ou de la paix sociale souhaitée ; présenter le cultuel en
culturel (ou inversement) en vue de solliciter le (ou exiger l’interdiction du) financement d’un édifice
de culte, etc.
Si « latitudinaire » que son appréhension provoque comme effet, la laïcité, dans son acception principielle
et enveloppante, demeure une « conquête permanente » devant favoriser le savoir sur le dogme,
l’épanouissement des libertés (dont la liberté religieuse) sur l’obscurantisme xénophobisant, le vivre
ensemble sur l’enfermement dans des territoires perdus de la République, le respect de la dignité de la
personne humaine sur l’esprit de domination d’une Vérité que nul ne possède.
Le thème choisi pour cette Septième Édition a donc pour objet d’explorer les différents champs d’appréhension
concrets de la laïcité.
Il s’agit de comprendre comment ce principe, a priori incontesté dans sa définition, se révèle si méconnu,
si déformé et si controversé lorsqu’il s’agit de le faire vivre «ici ou là» : en France, en Europe ou
à l’étranger (éléments de comparaison avec la Russie et le Liban) ; sur le territoire français, dans les
divers établissements publics, dans les espaces publics/privés, dans les lieux fermés de la République et
dans l’entreprise ; sur le territoire français, selon l’histoire et la géographie, selon le degré d’intégration
et d’adhésion aux valeurs de la République, selon l’objet (ex. financement des édifices de culte) et selon
les circonstances de temps et de lieu et les aléas de la jurisprudence (nationale et européenne).

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informations complémentaires

Actes de colloque réunis sous la direction de H. MOUANNES, préfacés par C. MASCALA, Ph. NELIDOFF et X. BIOY, avec les contributions de Mathieu TOUZEIL-DIVINA, Vincent DUSSART, Clément BENELBAZ, Jean-Charles JOBART, Vincent SEMPASTOUS, Laura BARBIER, Mathilde PHILIP-GAY, Hiam MOUANNÈS, Salim DACCACHE s.j., Christine MENGÈS-LE PAPE, Bertrand SERGUES, Hugo FLAVIER, Jacques VIGUIER
Collection des Actes de colloques de l’IFR
Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole
2 rue du Doyen-Gabriel-Marty, 31042 Toulouse cedex 9
ISSN : 1952-0964
ISBN : 978-2-36170-176-5